Un viol ou une agression sexuelle est une violence grave qui peut bouleverser profondément la personne qui en est victime. Dans les heures et les jours qui suivent, il est fréquent de ressentir un état de choc, de confusion ou de sidération.
Dans ces moments extrêmement difficiles, certaines démarches peuvent être importantes pour protéger votre santé, préserver les preuves et faire valoir vos droits si vous le souhaitez.
Il est essentiel de rappeler une chose : vous n’êtes jamais responsable de la violence que vous avez subie.
Se mettre en sécurité
La première priorité est de vous mettre en sécurité.
Si vous êtes en danger immédiat ou si l’agresseur est toujours à proximité, contactez les services d’urgence :
- 17 : police ou gendarmerie
- 112 : numéro d’urgence européen
Si cela est possible, rapprochez-vous d’une personne de confiance : un proche, un ami ou un membre de votre famille.
Consulter rapidement un médecin ou un service hospitalier
Même si vous n’êtes pas certaine de vouloir déposer plainte immédiatement, il est fortement recommandé de consulter rapidement un médecin ou de vous rendre dans un service hospitalier.
Les Unités Médico-Judiciaires (UMJ) ou certains services d’urgence sont spécialement formés pour accueillir les victimes de violences sexuelles.
Cette consultation permet notamment de :
- vérifier votre état de santé,
- bénéficier d’un accompagnement médical et psychologique,
- constater les éventuelles blessures,
- préserver des éléments de preuve médico-légaux.
Dans certains cas, des prélèvements peuvent être réalisés afin de conserver des éléments utiles à une enquête future.
Éviter de détruire les preuves
Si cela est possible, il est conseillé d’éviter certaines actions avant l’examen médical, notamment :
- se laver ou prendre une douche,
- changer de vêtements,
- laver les vêtements portés au moment des faits.
Ces éléments peuvent parfois contenir des traces importantes pour une éventuelle enquête.
Si vous avez déjà changé de vêtements, il peut être utile de conserver ceux portés au moment des faits dans un sac propre.
Consigner les éléments dont vous vous souvenez
Dans les heures ou les jours qui suivent, il peut être utile de noter par écrit les éléments dont vous vous souvenez :
- le lieu des faits,
- la date et l’heure approximative,
- la description de l’agresseur,
- les circonstances dans lesquelles les faits se sont déroulés.
La mémoire peut évoluer avec le temps. Noter ces éléments permet de conserver des informations importantes.
Le dépôt de plainte
Le dépôt de plainte n’est jamais une obligation immédiate. Certaines victimes ont besoin de temps avant d’envisager cette démarche.
Toutefois, il est possible de déposer plainte :
- dans un commissariat de police,
- dans une brigade de gendarmerie,
- directement auprès du procureur de la République.
La plainte permet d’ouvrir une enquête afin d’identifier l’auteur des faits et, le cas échéant, de le poursuivre devant la justice.
Se faire accompagner
Les violences sexuelles peuvent avoir des conséquences profondes, tant sur le plan physique que psychologique.
Il existe des structures spécialisées et des associations qui accompagnent les victimes dans leurs démarches et leur reconstruction.
Un accompagnement juridique peut également être utile pour comprendre les différentes étapes de la procédure pénale et les droits des victimes.
Vous n’êtes pas seule
Face à une agression sexuelle, il est fréquent de ressentir de la solitude, de la honte ou de la peur.
Pourtant, de nombreuses personnes et structures existent pour vous accompagner, vous écouter et vous soutenir dans les démarches que vous choisirez d’entreprendre.
Chaque victime avance à son rythme. L’essentiel est de savoir que vos droits existent et que des ressources sont disponibles pour vous aider à les faire valoir.