Au fil de ma pratique d’avocate, j’ai été confrontée à des situations particulièrement difficiles : des dossiers de violences sexuelles, d’inceste, de maltraitance ou encore des procédures familiales dans lesquelles la parole des victimes était fragilisée, contestée ou parfois ignorée.
Face à certaines réalités judiciaires, j’ai ressenti le besoin de nommer ce que beaucoup de victimes et de familles ressentent profondément : un sentiment d’injustice et d’impuissance face à certaines décisions ou mécanismes institutionnels.
C’est dans ce contexte que j’ai façonné l’adage :
« Justice pédophile, justice patriarcale ».
Cette formule est volontairement forte. Elle ne vise pas à attaquer l’institution judiciaire dans son ensemble. Elle vise à mettre en lumière certains dysfonctionnements qui peuvent exister dans le traitement des violences sexuelles et des violences intrafamiliales.
Nommer ce que vivent les victimes
Dans de nombreux dossiers, les victimes décrivent un sentiment récurrent : celui de ne pas être entendues ou de devoir prouver l’évidence de ce qu’elles ont vécu.
Les procédures peuvent être longues, complexes, parfois éprouvantes. La parole des victimes peut être mise en doute, confrontée à des expertises, à des contestations ou à des stratégies de défense particulièrement agressives.
Pour certaines personnes, le système judiciaire peut alors apparaître comme un lieu où la souffrance doit être démontrée plutôt qu’accueillie.
Mettre en lumière des mécanismes historiques
La justice, comme toute institution humaine, s’inscrit dans une histoire.
Pendant des décennies, les violences sexuelles ont été minimisées, invisibilisées ou considérées comme des affaires privées. Les structures sociales ont longtemps été marquées par des rapports de pouvoir et par des représentations qui pouvaient fragiliser la reconnaissance des victimes.
Parler de justice patriarcale revient à interroger ces héritages historiques et culturels.
Il ne s’agit pas d’accuser individuellement les magistrats ou les institutions. Il s’agit de questionner les mécanismes structurels qui peuvent influencer la manière dont certains faits sont appréhendés.
Refuser le silence
L’adage que j’utilise est aussi une manière de refuser le silence.
Certaines réalités sont difficiles à entendre. Pourtant, les nommer permet d’ouvrir un espace de réflexion et de transformation.
L’histoire montre que de nombreuses évolutions juridiques ont été rendues possibles précisément parce que des personnes ont osé mettre des mots sur ce qui ne fonctionnait pas.
Défendre avec lucidité
Mon engagement en tant qu’avocate consiste à défendre les personnes qui me confient leurs dossiers avec rigueur et détermination.
Cela implique parfois de porter un regard critique sur certaines pratiques ou sur certaines représentations encore présentes dans le traitement judiciaire des violences.
Cette lucidité n’est pas une opposition à la justice. Elle est au contraire une manière de participer à son évolution.
Faire évoluer les regards
La justice évolue. Les mentalités évoluent. Les textes juridiques évoluent également.
Les violences sexuelles et les violences intrafamiliales sont aujourd’hui davantage reconnues qu’elles ne l’étaient il y a quelques décennies.
Mais le chemin reste encore long.
Nommer les dysfonctionnements, écouter les victimes et questionner les pratiques fait partie du processus nécessaire pour construire une justice toujours plus attentive à la protection des personnes vulnérables.
Si vous êtes confronté à une situation de violences sexuelles, d’inceste ou de violence intrafamiliale, une consultation permet d’analyser votre situation et de vous orienter dans les démarches juridiques possibles.
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